Les multiples de valorisation d’entreprise comptent parmi les outils les plus utilisés par les praticiens de la valorisation. Ils permettent d’estimer rapidement la valeur d’une société à partir de références comparables. Mais tous les multiples ne se valent pas, et leur pertinence dépend largement de la taille de l’entreprise étudiée. Pour un panorama complet des indicateurs et de leur calcul, vous pouvez consulter le détail des méthodes de valorisation d’une entreprise.
Le principe des multiples de valorisation selon le guide de Bercy
Le guide de Bercy, publié par l’administration fiscale, distingue plusieurs sources de multiples utilisables pour la valorisation des titres de sociétés. Chacune répond à une logique différente et suppose des précautions d’usage propres.
Les transactions internes antérieures
La première source consiste à examiner les transactions déjà réalisées sur les titres de la société elle-même. Lorsqu’une cession ancienne existe, le praticien de la valorisation peut en déduire le multiple implicite alors observé. Ce multiple s’applique ensuite aux agrégats financiers actuels de l’entreprise. Toutefois, cette approche présente une limite : un multiple historique ne reflète pas toujours l’évolution récente des marchés. Par conséquent, il doit être manié avec prudence, notamment lorsque la transaction date de plusieurs années.
Les transactions externes comparables
Une deuxième approche repose sur l’observation de cessions réalisées sur des sociétés non cotées jugées comparables. Le secteur d’activité, la zone géographique, la taille et la date de la transaction constituent les principaux critères de sélection. En pratique, cette méthode se heurte souvent à un obstacle. Les données de cession sont rarement publiées, ce qui rend l’accès à une base fiable difficile pour le praticien isolé. Ainsi, le recours à une base de données spécialisée devient rapidement indispensable pour fiabiliser l’exercice.
Les comparables boursiers
Enfin, la troisième approche consiste à s’appuyer sur les multiples observés sur un échantillon de sociétés cotées en bourse. Cette méthode séduit par la disponibilité des données financières publiques. Le secteur d’activité, le périmètre géographique et la taille des sociétés cotées doivent néanmoins rester cohérents avec ceux de l’entreprise valorisée.
Pourquoi les multiples boursiers sont peu adaptés aux TPE/PME
C’est justement là que le bât blesse pour les petites structures. Appliquer des multiples de sociétés cotées à une TPE ou une PME est une pratique peu pertinente, voire trompeuse. En effet, les grandes entreprises cotées bénéficient d’une liquidité et d’une taille bien supérieures. Leur diversification n’a rien de comparable avec celle d’une société artisanale ou d’une PME familiale.
De plus, le guide de Bercy rappelle lui-même que les multiples boursiers reflètent une position d’actionnaire minoritaire sur un marché liquide. Or, cela n’a rien à voir avec la cession d’un bloc majoritaire dans une petite structure. Utiliser ces références sans retraitement revient donc à surestimer, ou parfois à sous-estimer grossièrement, la valeur d’une TPE/PME. Pour ces entreprises, mieux vaut s’appuyer sur des méthodes adaptées à leur réalité économique, comme celles présentées dans notre guide pour valoriser une petite entreprise.
La base de multiples sectorielle d’AVALOR, pensée pour les TPE/PME
Chez AVALOR, ce constat a guidé la construction de notre propre base de multiples. Plutôt que de reprendre des données issues de grands groupes cotés, notre base sectorielle est compilée par secteur d’activité (code APE) et par tranche de chiffre d’affaires. Elle s’appuie sur des sources dédiées aux mid caps et aux sociétés non cotées. Ainsi, le multiple pivot appliqué à une entreprise correspond réellement à son environnement concurrentiel et à sa taille.
Concrètement, AVALOR applique ces multiples sectoriels sur cinq agrégats retraités : l’EBE économique, le REX, le RNET, la CAF et le Goodwill, mesurés en moyenne sur les trois derniers exercices connus. Cette approche multicritère permet d’obtenir, non pas une moyenne unique, mais un véritable nuage de prix. Ce nuage donne au dirigeant une fourchette réaliste plutôt qu’un chiffre unique et potentiellement trompeur. Découvrez comment notre solution SaaS pour la valorisation d’entreprises met en œuvre cette méthodologie pour les experts-comptables et les cédants de TPE/PME.
En résumé
Les multiples de transactions internes, externes ou boursiers offrent des angles complémentaires pour approcher la valeur d’une entreprise. Cependant, seule une base de données calibrée sur la taille réelle de la société permet d’obtenir un résultat fiable. C’est tout l’enjeu de la base sectorielle TPE/PME construite par AVALOR.
