Transmission d’entreprise ne pas attendre la retraite !

Le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a récemment créé un collectif consacré à la transmission d’entreprises. Actuellement constitué de 35 entités et EPCI, ce collectif vise à être la principale source d’information et d’assistance pour les dirigeants d’entreprise et les repreneurs potentiels.

La principale mission du collectif est d’éduquer le grand public et les chefs d’entreprise sur les ressources et les soutiens disponibles pour la cession ou l’acquisition d’une entreprise. L’initiative a vu le jour il y a un an, lorsque le Conseil régional de Nouvelle-Aquitaine a défini sa stratégie dédiée à la transmission d’entreprises. Désormais, 35 organismes et EPCI participent au collectif avec pour objectifs de partager des connaissances, renforcer la collaboration sur le terrain, contribuer à la mise en œuvre de la stratégie de transmission et enfin, promouvoir la cession et l’acquisition d’entreprises.

Un des défis majeurs pour transmettre sa société réside dans la préparation insuffisante des dirigeants. Beaucoup ne connaissent pas la valeur réelle de leur entreprise, et ce, bien avant d’envisager la retraite. Franck ALLARD LATOUR, président fondateur de la société AVALOR, qui développe le premier logiciel de valorisation Flash dédié aux TPE/PME & COMMERCE pour les professionnels du Chiffre, souligne : « La valorisation précise d’une entreprise est un élément clé pour sa transmettre dans de bonne conditions. Sans cette connaissance, les dirigeants naviguent à vue, ce qui peut mener à des évaluations sur ou sous-estimées. »

Andréa Brouille, vice-présidente de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’économie, met en avant l’importance de ce sujet pour la dynamique économique de la région. Une transmission d’entreprise ratée peut entraîner des pertes d’emplois et de savoir-faire.

Des initiatives antérieures ont été lancées par diverses chambres consulaires pour soutenir la transmission d’entreprises. La CCI Bordeaux Gironde, par exemple, a récemment organisé un événement rassemblant vendeurs et acheteurs potentiels.

Le collectif aspire à rassembler, identifier et sensibiliser les dirigeants envisageant la cession de leurs entreprises. Des expérimentations basées sur des « bonnes pratiques » préexistantes sont à l’étude, incluant la création d’une base de données unifiée. Un budget de 200 000 à 300 000 euros sera dédié au collectif l’année prochaine, avec des actions concrètes prévues lors de trois réunions au premier semestre 2024.

Les multiples sectoriels : comment sont-ils déterminés ?

Une question revient souvent lorsque que nous expliquons la valorisation à nos clients : « Comment sont déterminés les multiples sectoriels ? ». Question à laquelle il est compliqué de répondre étant donné que ce n’est pas nous qui les déterminons. Ce sont des chiffres publiés régulièrement (tous les 3 – 6 mois) par des cabinets d’études. Ces cabinets d’études publient des tables regroupant les coefficients à appliquer aux entreprises en fonction de leur secteur et de leur tranche de chiffre d’affaires (CA). Les coefficients publiés ne sont pas modifiables car ils sont certifiés par les autorités compétentes. Ils seront utilisés en cas de procédure judiciaire : lorsque la valeur d’une entreprise est trop haute ou trop basse. Les autorités fiscales vont revaloriser avec les bons multiples, et en cas de différence cela va engendrer des pénalités, amendes, etc…

Cet article va donc vous expliquer, le plus clairement possible, comment les cabinets d’études déterminent ces coefficients qui sont si importants à la valorisation d’entreprise.

Dans un premier temps, définissons les coefficients sectoriels : ce sont des chiffres conventionnels servant à estimer une valeur, d’entreprise dans notre cas, en fonction d’une hiérarchie de chiffres d’affaires. Par exemple, si le coefficient du secteur de l’industrie automobile est de 8 sur l’EBE, et que le secteur est découpé en 4 tranches de chiffre d’affaires : les entreprises dans la plus haute tranche de chiffres d’affaires se vendront 8 fois leur CA, la seconde tranche 6 fois, la suivante 4 fois et la dernière 2 fois. Les tranches de CA étant définis en fonction de chaque secteur par les cabinets d’études. Le fonctionnement des coefficients est plutôt simple : on regarde le CA de l’entreprise à évaluer (dans le cas des multiples sur le CA) et on applique le multiple correspondant. Cette méthode est évidemment à compléter avec d’autres méthodes de valorisation pour obtenir un résultat précis.

Passons maintenant à la méthode utilisée par les cabinets d’études pour déterminer les coefficients sectoriels. Tout d’abord, ils sélectionnent toutes les transactions d’entreprises cotées d’un secteur afin d’obtenir un panel de comparaison. Ils utilisent les transactions d’entreprises cotées car elles ont une obligation de publier leurs prix de vente (c’est public). Ce qui n’est pas le cas pour les entreprises non-cotées. Elles publient très rarement leur prix de vente (privé), l’étude de leurs transactions est donc difficile. Le panel de comparaison obtenue, chaque prix de vente est divisé par le CA (ou n’importe lequel des indicateurs cela dépend du multiple recherché) de chacune des entreprises pour obtenir le multiple moyen du secteur. Nous devons ce système aux américains car ce système est une déclinaison de ce qu’a créé la NYSE (New York Stock Exchange) : un système de table basé sur le marché boursier américain.

Voici un exemple de tableau des multiples par secteur (ce tableau est une illustration et ne représente pas de réelles données) :

Maintenant que nous avons les coefficients sectoriels d’entreprises cotées, il nous reste donc à l’adapter aux plus petites entreprises. Il faut alors répartir les sociétés en secteurs puis en tranches de CA. En France, on trouve 16 secteurs d’activité et 17 tranches de CA par secteur. Une décote (en pourcentage) est ensuite appliquée à chaque tranche de CA pour correspondre aux entreprises non-cotées. 

Pour conclure cet article, voici un exemple : On cherche à trouver le multiple sur l’EBE du secteur manufacturier en 2023. Une entreprise manufacturière cotée, à un prix de vente de 4 fois son EBE. On a : 

Prix de vente = 4 * EBE

On fait la même opération avec tous les prix de vente des entreprises cotées du secteur. On obtient une moyenne de 4. Donc le multiple de ce secteur sera de 4 fois l’EBE. Afin de valoriser par l’EBE une entreprise non-cotée d’une certaine tranche de CA, dont la décote est de 50%, on aura :

Valeur de l’entreprise non-cotée = 2 * EBE

PS :

Voici une vidéo qui complète très bien cet article : https://youtu.be/umv5D3fnJwE?si=1vxVcQ8DJPyfKtGM

Morgann GUELPA

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La récente proposition de loi sur le partage de la valeur au sein de l’entreprise s’inscrit dans une dynamique mondiale où les inégalités socio-économiques s’accentuent. On constate également une demande croissante pour une répartition plus équitable des richesses générées par les entreprises. Voici une analyse de cet enjeu.

Promesses de la loi :

  1. Inclusion financière des employés : En élargissant les dispositifs d’intéressement et de participation, la loi vise à inclure davantage d’employés dans le partage des bénéfices de l’entreprise.
  2. Stimulus pour la performance : Associer les employés aux performances financières peut stimuler la motivation et l’engagement, conduisant potentiellement à une meilleure productivité et à une meilleure rentabilité.

Limites :

  1. Portée limitée : Si la loi s’applique aux entreprises de plus de 11 employés, elle exclut de facto une grande partie des très petites entreprises, ce qui limite son impact global.
  2. Complexité administrative : Pour certaines PME, mettre en place des mécanismes d’intéressement ou de participation peut représenter une charge administrative non négligeable.
  3. Risques de divergence : Lier la rémunération à la performance financière peut parfois entraîner des comportements à court terme au détriment d’une vision à long terme.

Valorisation annuelle de l’entreprise: La valorisation régulière de l’entreprise devient essentielle dans ce contexte car elle offre une transparence sur la santé financière de l’entreprise et détermine la part de valeur à distribuer aux employés. Une valorisation objective et transparente garantit que les employés reçoivent une part équitable de la valeur créée.

Pistes alternatives :

  1. Éducation financière : Sensibiliser les employés à la compréhension des mécanismes financiers pour qu’ils puissent prendre des décisions éclairées concernant leur participation.
  2. Modèles de gouvernance participative : Au-delà de la participation financière, impliquer les employés dans les décisions stratégiques pour instaurer une culture d’entreprise collaborative.
  3. Extension à toutes les entreprises : Envisager d’inclure toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, afin de maximiser l’impact de la loi.

Le projet de loi sur le partage de la valeur en entreprise est une étape importante vers une plus grande équité en entreprise. Cependant, pour qu’il soit véritablement transformateur, il doit être complété par d’autres mesures visant à renforcer la gouvernance inclusive, la transparence et l’éducation financière.

Franck ALLARD LATOUR

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Comprendre la valeur réelle : Effectuer une valorisation d’entreprise et une évaluation d’entreprise donne une idée précise de sa valeur marchande. C’est une étape incontournable pour savoir combien emprunter et à quelles conditions.

Gagner en crédibilité : Les institutions financières et les investisseurs cherchent à minimiser leurs risques. Une estimation d’entreprise bien réalisée témoigne d’une préparation minutieuse, renforçant ainsi la confiance.

Projection des flux de trésorerie : Au cœur de l’évaluation d’entreprise se trouve l’analyse des flux de trésorerie. Celle-ci permet de déterminer si la société ou le fonds de commerce est capable de générer suffisamment de revenus pour honorer sa dette, en particulier sur une durée prolongée.

Optimisation des conditions de prêt : Fort d’une valorisation d’entreprise rigoureuse, vous serez en mesure de négocier des termes de prêt plus avantageux, que ce soit en termes de taux d’intérêt ou de modalités de remboursement.

Vision à long terme : La valorisation d’entreprise ne s’arrête pas à la situation actuelle. Elle offre également un aperçu des perspectives de croissance et de rentabilité à long terme de la société ou du fonds de commerce.

La valorisation, l’évaluation et l’estimation d’entreprise sont des outils essentiels pour toute société ou propriétaire de fonds de commerce souhaitant sécuriser un financement. Maîtriser ces démarches est la clé pour garantir le succès et la pérennité de votre entreprise.

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