Formalités des cessions de fonds de commerce

cession fonds de commerce

La vente d’un fonds de commerce est soumise à des formalités et mentions obligatoires, des formalités d’enregistrement et au paiement de droits de mutation.

Formalités de publicité

Déclaration à la mairie

Le cédant doit adresser une déclaration préalable à la mairie. En effet cela fait partie des formalités. Celle-ci pourra alors faire valoir son droit de préemption sous un délai de deux mois.

Déclaration dans un journal d’annonces légales

L’acquéreur doit déclarer dans un journal d’annonces légales la cession du fonds de commerce dans un délai de quinze jours. Formalités qui peuvent se faire en ligne.

Publication au BODACC

Le cessionnaire (acquéreur), doit ensuite solliciter le greffier du tribunal de commerce dans un délai de trois jours suivant la publication dans le journal d’annonce légale. De ce fait, le greffier pourra publier un avis dans le Bulletin Officiel Des Annonces Civiles et Commerciales. Cette publication permet au créanciers de s’opposer à la cession dans un délai de 10 jours.

Mentions obligatoires de l’acte de vente (formalités)

L’acte de vente doit comporter : 

  • Le prix de vente du fonds 
  • Le nom du précédent vendeur, la date et la nature de son acte d’acquisition et le prix de cette acquisition pour les éléments incorporels, les marchandises et le matériel ;
  • L’état des privilèges et nantissement;
  • Les résultats d’exploitation, les chiffres d’affaires mensuels entre la clôture du dernier exercice et le mois précédant la vente ;
  • Les éléments du bail (date, durée, nom et adresse du bailleur et du cédant).

L’enregistrement de l’acte de cession

L’acquéreur du fonds doit enregistrer l’acte de cession auprès du bureau de l’enregistrement du service des impôts de la situation du fonds. Cela permet de déterminer le montant des droits qui devront être acquittés.

Droit d’enregistrement dans le cas d’une cession de fonds de commerce :

Fraction du prix de cessionDroit budgétaireTaxe   départementaleTaxe communaleCumul
N’excédant pas 23 000 €0000
Comprise entre 23 000 €   et 107 000 €2 %0,60 %0,40 %3 %
Comprise entre 107 000 €   et 200 000 €0,60 %1,40 %1 %3 %
Supérieure à 200 000 €2,60 %1,40 %1 %5 %
Droit d’enregistrement cession commerce

Les droits d’enregistrement sont le plus souvent payés par l’acquéreur, bien qu’il puisse en être autrement. Pour cela, l’acquéreur à un mois suivant la cession ou la prise de possession du fonds pour s’enregistrer auprès du Service des Impôts des Entreprises. 

Le cédant doit clôturer ses comptes et effectuer plusieurs déclarations fiscales.

Déclaration de la vente au CFE 

L’acheteur du fonds de commerce doit créer une nouvelle société ou déclarer un établissement secondaire s’il exerce déjà une activité.

Il a alors 30 jours pour s’adresser au Centre de Formalités des Entreprises pour son immatriculation (RCS, Siren …).

Article à lire : Bail commercial,tout ce qu’il faut savoir

Fiscalité cession des fonds de commerce

Fiscalité ? Lors d’une cession de fonds de commerce, quelle est la fiscalité ? Le cédant est imposable sur la plus-value générée à l’occasion de la vente. La plus-value est définie comme l’écart entre le prix de vente net des frais liés à la cession  et le prix d’origine du fonds de commerce. 

L’imposition variera en fonction du régime fiscal de l’entreprise qui vend le fonds de commerce. (Impôt sur le Revenu ou Impôt sur les Sociétés).

Cependant il existe des exonérations applicables sous certaines conditions.

Cas où l’entreprise cédant le fonds de commerce est soumise à l’impôt sur le revenu

Le fonds de commerce a été acquis ou est détenus depuis moins de deux ans. Dans ce cas, sa fiscalité : la plus-value de la cession est soumise à l’Impôt sur le Revenu.

  • Plus-value à long-terme (>2 ans)

Le fonds de commerce a été acquis ou est détenus depuis plus de deux ans. Dans ce cas, la plus-value est soumise au Prélèvement Forfaitaire Unitaire ou “flat-tax” . Ce taux comprend un prélèvement forfaitaire unique de 12,8% ainsi que la Contribution Social Généralisée (CSG) de 17,2%.

Plus-valueImposition 
court-terme (<2 ans)Impôt sur le Revenu (IR)
Long-terme (>2 ans)Flat-tax (30%) 
Plus-value

Cas où l’entreprise cédant le fonds de commerce est soumise à l’impôt sur les sociétés

Dans ce cas, il n’y a pas de distinction court-terme/long-terme. La plus value sera comprise dans le résultat de l’exercice en cours. Ce résultat sera imposable selon le barème de l’Impôt sur les Sociétés

Les exonérations

Exonération selon la durée de détention

Au delà de la cinquième année de détention, un abattement de 10% est applicable chaque année. Si le fond a été détenu au moins 15 ans, l’exonération est totale.

Nombre d’années de détention6789101112131415
Abattement Total10%20%30%40%50%60%70%80%90%100%

Les exonérations pour les PME soumises à l’Impôt sur le Revenu

Des exonérations pour les PME de plus de 5 ans soumises à l’Impôt sur le revenu sont applicables sous certaines conditions d’activités et de recettes.

  • Cas des PME industrielles et commerciales de vente ou de fournitures de logements (sauf location de locaux d’habitation meublés ou destinés à être meublés).
RecettesExonération
inférieur à 250 000€Totale
entre 250 000€ et 350 000€Partielle
  • Cas des PME de prestations de services
RecettesExonération
inférieur à 90 000€Totale
entre 90 000€ et 126 000€Partielle

Les exonérations pour les entreprises individuelles soumise à l’Impôt sur le Revenu et exerçant depuis plus de 5 ans.

Ces exonérations dépendent du prix de vente du fonds de commerce.

PrixExonération
<300 000€Totale
<500 000€Partielle 

Les exonérations applicables en cas de départ à la retraite de l’exploitant

Il existe une exonération totale dans le cadre d’un départ à la retraite de l’exploitant sous certaines conditions : 

  • l’entreprise doit être une PME relevant de l’Impôt sur le Revenu
  • L’activité doit être exercée depuis au moins cinq ans
  • Le chiffre d’affaires doit être inférieur à 50 millions d’euros
  • L’exploitant doit prendre sa retraite dans les deux ans précédant ou suivant la cession du fonds de commerce.
  • L’exploitant ne doit pas détenir plus de 50% des droits aux bénéfices de l’entreprise.

Article à lire :

Bail commercial : tout ce que vous devez savoir

Franchise et fonds de commerce, valorisation et choix ?

Franchise et fonds de commerce

Qu’est qu’une franchise ?

Une franchise est un contrat commerciale par lequel un franchiseur s’engage à fournir au franchisé une marque, un savoir faire, et une assistance en contrepartie d’une rémunération.

En 2018, en France il y avait 2004 franchiseurs pour 75 193 franchisés. Les secteurs d’activité de l’alimentaire et de l’équipement de la personne représente plus de 30% des franchisés.

La franchise et le fonds de commerce du franchisé ?

Les éléments du fonds de commerce appartenant au franchiseur

Certains éléments du fonds de commerce du franchisé appartiennent au franchiseur : le nom commercial, la marque et le nom d’enseigne du commerce. Le franchisé a uniquement le droit d’exploitation de ces éléments. Dans ce cas, la valeur du fonds de commerce du franchisé dépend en partie du renouvellement du contrat de franchise.

Le cas particulier de la clientèle 

Depuis l’arrêt Trévisan, la clientèle du fonds de commerce est divisé en clientèle locale et nationale.

La clientèle locale appartient au franchisé alors que la clientèle nationale appartient au franchiseur. En effet, la clientèle nationale serait attaché à la notoriété de la marque du franchiseur, alors que la la clientèle local serait attaché au élément mis en œuvre par le franchisé.

La cession d’un fonds de commerce sous contrat de franchise

Le contrat de franchise est dit “intuitu personae”, c’est à dire en considération de la personne. Cela donne certains droit au franchiseur :

  • La clause d’agrément : cette clause implique que le futur repreneur doit-être accepté par le franchiseur. La cession d’un fonds de commerce sous franchise doit donc être un accord tripartite (cédant, repreneur, franchiseur).
  • La clause de préférence ou préemption : cette clause donne le droit au franchiseur de racheter le fonds de commerce par préférence à toute autres personnes.

Avantages et inconvénients d’un fonds de commerce en franchise

AvantagesInconvénients 
NotoriétéUn coût plus élevé
Savoir faire Perte de liberté, obligation de suivre les directives du franchiseur 
Accompagnement et formation Cession plus contraignante

En conclusion, un fonds de commerce sous franchise permet de démarrer une affaire plus rapidement et plus facilement, en reprenant le concept du franchiseur. Cependant, il est impossible de dévier de ce concept pour le franchisé. Retrouver ici les meilleurs franchises.

Le conseil de Vincent de la société AVALOR « avant de vous choisir une franchise évaluez le fonds de commerce d’un autre franchisé de la même enseigne ou concurrent ».

Article rédigé par Vincent VACHET.

Le prix d’une entreprise & commerce : juste valorisation

Valorisation entreprise source AFE

Le prix ? Parce que tout commence et tout finit avec l’argent., le prix de reprise d’une entreprise
détermine bien souvent son avenir.

Quelle est la valorisation de mon entreprise? :

Voila les bonnes questions à se poser pour déterminer le prix négocié qui conviendra à l’acheteur et
au vendeur :

Les différentes approches, que ce soit financière, comptable, patrimoniale, etc… toutes ces
approches convergent vers une chose : le prix que vous êtes prêts à payer, la tension financière que
vous êtes prêts à supporter.

Reprendre une entreprise : quelles sont les atouts prix?

Le fait de reprendre une entreprise existante comporte de de réels atouts : Vous disposez de locaux immédiatement, les investissements industriels sont faits, le personnel est formé et le carnet de
commande est déjà existant. Quand on sait que fidéliser un client représente 20% des efforts nécessaires à le conquérir….Vous allez gagner du temps précieux.

En revanche, les contraintes juridiques et ou commerciales, les négociations mal réalisées en cours avec les clients actuels (marge non respectée, engagement erroné) le patrimoine immobilier mal
évalué font aussi partie de la dot de la mariée.
Pire, l’entreprise que vous allez racheter sera endettée par le fait même de son rachat (dette senior) par ce qu’à moins d’être détenteur d’une belle somme, les repreneurs s’endettent pour acheter (si leurs banquiers veulent bien les suivre) et bien plus souvent encore endettent la structure. Sur ce point, il est vrai qu’une création coûte largement moins cher qu’une reprise.

Pourquoi faire un diagnostic avant de racheter une société ou un commerce? :

Le diagnostic en amont vous permettra de gagner du temps et ne pas solliciter inutilement vos financiers pour des dossiers sans suite.

Ce diagnostic vous permettra également de faire mûrir votre projet. L’entreprise rachetée ne correspond jamais à l’ensemble de vos attentes. Le lieu d’implantation ou les produits ne
correspondent pas aux critères exacts que vous vous étiez fixés au préalable. Le prix fera pencher la
balance vers un refus ou une acceptation. Les points négatifs seront contre balancés.

Enfin, le prix peut également comporter des éléments humains. Votre cédant peut envisager de vous
accompagner pendant une période de transition. Le passage de relais facilité auprès des salariés et
des clients augmente les chances de réussite de votre rachat. Il ne faut pas négliger l’aspect humain dans toute transaction. En interne, comme en externe, les relations existantes de l’entreprise peuvent choisir de ne pas vous suivre.

En savoir plus sur les étapes de valorisation d’un commerce

Stéphane Le Duc

Le 12 Octobre 2017